Retraite confortable en partant tard : oui, c’est encore possible
Retraite confortable en partant tard : oui, c’est encore possible
Commencer à planifier sérieusement sa retraite à 45, 50 ou même 55 ans n’est pas idéal, mais c’est loin d’être trop tard.
La clé, ce n’est pas de rattraper « ce que vous auriez dû faire », mais de bâtir une stratégie adaptée à votre réalité d’aujourd’hui.
Dans cet article, on vous propose une démarche concrète, en plusieurs étapes, pour viser une retraite confortable même si vous commencez tard à épargner.
1. Définir ce que « retraite confortable » veut dire pour vous
Avant de parler REER, CELI et placements, il faut clarifier la cible.
a) Chiffres simples à poser
- Revenu net souhaité à la retraite : souvent entre 60 % et 80 % de votre revenu net actuel.
- Âge visé de retraite : 60, 62, 65, 68… plus vous retardez légèrement, plus votre marge de manœuvre augmente.
- Style de vie :
- Conserver la même maison ou déménager plus petit?
- Voyage tous les ans ou occasionnel?
- Auto neuve tous les 5 ans, ou approche plus modeste?
Notez un chiffre clair :
« Je vise environ X $/an après impôts à partir de X ans. »
Ce chiffre devient le point d’ancrage de toute la planification.
2. Faire l’inventaire de votre situation actuelle
Même si vous commencez tard, vous avez probablement déjà des actifs… et des obligations.
a) Actifs à recenser
- Épargne retraite : REER, REER collectif, CRI, fonds de pension d’employeur
- Épargne non enregistrée : placements personnels, comptes d’épargne
- CELI
- Immobilier : résidence principale, immeuble locatif
- Produits d’assurance et d’épargne via une compagnie d’assurance :
- Assurance vie avec valeur de rachat
- Fonds distincts
- Rentes déjà souscrites
b) Dettes à réduire ou restructurer
- Hypothèque
- Marges de crédit
- Cartes de crédit / prêts à taux élevé
- Prêts auto, prêts personnels
Objectif :
Réduire progressivement les dettes à la retraite, idéalement éliminer les dettes de consommation avant 60–65 ans.
3. Évaluer l’écart : où vous en êtes vs où vous devez être
Sans entrer dans un calcul très complexe, quelques repères :
- Pour générer 1 000 $/mois à vie (avant impôts), il faut généralement 200 000 à 300 000 $ de capital, selon:
- rendement obtenu
- durée anticipée de la retraite
- niveau de risque acceptable
- Les revenus gouvernementaux (RRQ/RPC, PSV) couvriront une partie de vos besoins, rarement tout.
L’objectif de cette étape :
Voir s’il existe un écart important entre ce que vous aurez (si vous continuez comme aujourd’hui) et ce dont vous aurez besoin.
Si l’écart est grand, vous avez 4 leviers principaux :
- Augmenter le montant épargné chaque mois
- Prolonger votre durée de travail
- Ajuster vos dépenses de retraite (style de vie)
- Optimiser vos rendements et votre fiscalité
4. Passer en mode offensif : augmenter l’épargne et structurer les comptes
Quand on commence tard, le temps joue moins pour nous. Il faut donc miser sur :
- un taux d’épargne élevé
- une structure fiscale intelligente
- une stratégie de placements disciplinée
a) Par où commencer?
- Éliminer les dettes à haut taux d’intérêt
- Rembourser un solde à 18 % ressemble à un rendement garanti de 18 %… c’est prioritaire.
- Automatiser un pourcentage de votre revenu
- Objectif réaliste à viser quand on commence tard :
- 15 à 25 % de votre revenu brut vers l’épargne retraite (si possible).
- Diviser en contributions automatiques :
- REER (avantage fiscal immédiat)
- CELI (flexible, à l’abri de l’impôt sur le rendement)
- Profiter au maximum des régimes d’employeur
- REER collectif avec contribution de l’employeur
- Régimes de pension : comprendre vos droits et options (rente à vie, transfert en CRI, etc.)
5. Choisir la bonne combinaison REER / CELI / non enregistré
Pour une retraite confortable en commençant tard, l’optimisation fiscale est cruciale.
a) REER
- Intéressant si vous êtes dans un taux marginal élevé aujourd’hui
- Permet un remboursement d’impôt qui peut être réinvesti
- Les montants seront imposés à la retraite lors des retraits (FERR, etc.)
b) CELI
- Idéal pour :
- Compléter les revenus à la retraite sans impôt
- Avoir de la flexibilité (retraits possibles à tout moment)
- Intéressant si votre taux d’imposition futur est incertain ou si votre marge REER est déjà bien utilisée
c) Placements non enregistrés
- Utiles si vos REER et CELI sont maximisés
- À gérer de façon fiscalement efficace (fonds indiciels, dividendes, etc.)
6. Ajuster votre profil de risque en fonction du temps qui reste
Commencer à épargner plus tard ne veut pas dire qu’il faut « jouer au casino » pour rattraper le temps perdu.
a) Principes clés
- Trop prudent (tout en liquidités/GIC) :
- risque de ne pas atteindre votre objectif à cause de l’inflation.
- Trop agressif (placements très volatils sans filet) :
- risque de devoir vendre à perte juste avant ou au début de la retraite.
Un portefeuille diversifié adapté à votre horizon (ex. 10–20 ans avant retraite) et à votre tolérance au risque est essentiel.
7. Rentes et produits d’assurance : sécuriser une partie de votre revenu
À partir de 55–60 ans, il devient pertinent de réfléchir à la sécurisation d’une partie de vos revenus via :
a) Rentes viagères
- Convertissent un capital en revenu garanti à vie
- Réduisent le risque de survivre à votre argent
- Peuvent être achetées via des compagnies d’assurance
- Intéressantes si :
- vous n’avez pas de gros régime de pension
- vous cherchez une paix d’esprit sur une portion de vos dépenses essentielles
b) Fonds distincts
- Produits d’investissement offerts par les assureurs avec des garanties (capital à l’échéance/décès)
- Peuvent être utiles pour :
- Protéger une partie du capital
- Simplifier la transmission à vos héritiers (bénéficiaire désigné, hors succession)
- À considérer dans une stratégie globale de retraite et de succession.
c) Assurance vie et retraite
L’assurance vie joue plusieurs rôles dans une planification de retraite, surtout quand on commence tard :
- Protéger le conjoint ou la famille si vous décédez avant d’avoir pu accumuler suffisamment
- Financer :
- dettes restantes (hypothèque, marges)
- impôts au décès (notamment en présence d’immeubles ou de placements importants)
- Les polices permanentes avec valeur de rachat peuvent aussi :
- servir d’outil de diversification
- offrir une certaine flexibilité (prêts sur la police, par exemple)
8. Erreurs fréquentes quand on commence tard… et comment les éviter
1.Attendre encore
- Le « je commencerai quand j’aurai fini de payer X » retarde la mise en place d’une vraie stratégie.
- Mieux vaut commencer petit et augmenter que ne rien faire.
2.Sous-estimer l’espérance de vie
- Planifier jusqu’à 80 ans seulement est risqué; il est prudent de prévoir jusqu’à 90–95 ans.
3.Rester avec un portefeuille incohérent
- Multitude de comptes et de placements sans stratégie globale.
- Solution : consolidation et plan de retraite intégré.
4.Ignorer la fiscalité
- Retirer dans le mauvais ordre (non enregistré / CELI / REER / FERR) peut vous coûter cher en impôts.
- Un bon plan de décaissement est aussi important que l’accumulation.
5.Ne pas protéger les proches
- En l’absence d’assurance vie adéquate, si un décès survient avant la retraite, le projet de retraite du conjoint peut être gravement compromis.
9. Mettre en place un plan concret sur 10 à 20 ans
Pour transformer tout cela en actions :
1.Année 1–2
- Bilan complet : revenus, dettes, actifs, protections (assurances).
- Détermination du revenu cible de retraite et de l’âge.
- Mise en place d’un taux d’épargne automatique (REER + CELI).
- Plan de réduction des dettes les plus coûteuses.
2.Années 3–7
- Augmenter progressivement les contributions dès que le revenu le permet…
- Ajuster le portefeuille de placements pour rester aligné à votre profil.
- Revoir annuellement votre progression vers l’objectif.
3.Années 8–15 (approche de la retraite)
- Simuler différents scénarios de retraite (âge 60, 62, 65, etc.).
- Commencer à réfléchir aux rentes viagères, à l’ordre de décaissement des comptes.
- Mettre à jour la planification successorale (testament, bénéficiaires, mandats).
Conclusion : commencer tard impose de la discipline, pas le renoncement
Prévoir financièrement une retraite confortable en commençant tard n’est pas une question de « miracle de rendement », mais de :
- Clarté sur vos objectifs
- Discipline dans l’épargne
- Intelligence fiscale dans le choix et l’utilisation de vos comptes
- Protection adéquate via l’assurance et, au besoin, des rentes
Un plan bien structuré sur 10 à 20 ans peut transformer une situation « en retard » en retraite sereine — à condition de commencer maintenant, avec les bons outils et les bonnes décisions.
Si vous le souhaitez, je peux vous proposer un exemple chiffré (profil type : 50 ans, aucun REER important, maison à payer, objectif retraite à 65 ans) pour illustrer concrètement ce que pourrait représenter un plan de rattrapage.