Maladie grave : comment éviter l’impact financier d’un diagnostic sérieux
Maladie grave : comment éviter l’impact financier d’un diagnostic sérieux
Un diagnostic de cancer, d’AVC ou d’infarctus arrive toujours comme un choc. Mais après le choc émotif vient souvent un deuxième coup dur : le choc financier. Arrêt de travail, frais médicaux non couverts, déplacements, adaptation du domicile… en quelques mois, l’épargne peut fondre.
La bonne nouvelle : il est possible de se préparer avant qu’une maladie grave ne frappe, même avec un revenu moyen. Voici comment réduire au minimum l’impact financier d’un diagnostic sérieux au Québec.
1. Pourquoi une maladie grave peut déstabiliser vos finances
Même au Québec, où le régime public couvre beaucoup de soins, un diagnostic sérieux entraîne souvent :
- Perte ou réduction de revenu (arrêt de travail, retour progressif, temps partiel)
- Frais non couverts : médicaments, soins à domicile, psychologue, physio, ergothérapie
- Déplacements fréquents (parking, essence, parfois hébergement)
- Soutien pour les proches (garderie, aide ménagère, aide pour les parents âgés)
- Ajustements au domicile (rampes, douche adaptée, chaise d’escalier, etc.)
Sans protection, plusieurs ménages doivent :
- piger massivement dans leurs REER/CELI
- augmenter leur endettement (marge, cartes de crédit)
- repousser des projets importants (achat de maison, retraite)
L’objectif d’une bonne stratégie : remplacer une partie du revenu et couvrir les dépenses extraordinaires, pour que vous puissiez vous concentrer sur votre santé, pas sur l’argent.
2. L’assurance maladies graves : un « coussin » en un seul versement
L’assurance maladies graves (ou assurance maladies graves en avenant à une police vie) verse un montant forfaitaire non imposable si vous recevez le diagnostic d’une maladie spécifiée au contrat, et que vous survivez au délai de survie (souvent 30 jours).
2.1. Comment ça fonctionne
- Vous choisissez un montant de couverture (ex. 25 000 $, 50 000 $, 100 000 $ ou plus)
- Vous payez une prime mensuelle ou annuelle
- Si vous recevez un diagnostic couvert (ex. cancer invasif, AVC, infarctus, pontage, sclérose en plaques - la liste varie selon le contrat) :
- Vous remplissez une demande d’indemnité avec les rapports médicaux
- Après le délai de survie (souvent 30 jours), l’assureur vous verse le montant prévu en un seul paiement
Vous utilisez ce montant comme vous le voulez :
- compenser un revenu perdu
- payer des soins non couverts
- alléger votre dette
- aménager votre domicile
- financer un traitement privé ou à l’extérieur
2.2. Les protections courantes
Selon les contrats, on retrouve généralement :
- Maladies majeures : cancer, infarctus, AVC, chirurgie cardiaque
- Maladies neurologiques : sclérose en plaques, Alzheimer précoce, Parkinson
- Transplantations / insuffisances d’organes
- Brûlures graves, perte de membres, cécité importante, etc.
Certains produits offrent :
- des protections pour enfants (le parent reçoit le capital si l’enfant est atteint)
- des avenants sur une police d’assurance vie existante
3. Assurance maladies graves, invalidité, assurance vie : comment ça se complète
Pour un ménage de 30 à 55 ans au Québec, avec revenu moyen, la protection contre un coup dur de santé repose généralement sur trois piliers :
3.1. Assurance invalidité : le revenu du quotidien
- Vous verse un revenu mensuel si vous êtes incapable de travailler pour des raisons médicales.
- Peut venir du régime collectif de l’employeur, d’un ordre professionnel, d’une association ou d’un contrat individuel.
- Vise à remplacer un pourcentage de votre revenu (souvent 60–70 %).
L’invalidité couvre la perte de revenu, mais pas necessarily les dépenses exceptionnelles (adaptation de la maison, soins privés, dettes urgentes). C’est là que l’assurance maladies graves prend le relais.
3.2. Assurance maladies graves : le « coup de pouce » immédiat
- Verse un montant global unique, rapidement.
- Sert à absorber le pic de dépenses dans les premiers mois/années suivant le diagnostic.
- Souvent complémentaire à l’assurance invalidité du travail ou à l’assurance-emploi maladie (plus limitée).
3.3. Assurance vie : la protection des proches en cas de décès
- Verse un capital-décès libre d’impôt à vos bénéficiaires.
- Assure le remboursement des dettes, le maintien du niveau de vie, les études des enfants.
- L’assurance maladies graves peut souvent être ajoutée comme avenant à une police vie existante (temporaire ou permanente).
Une bonne stratégie consiste souvent à combiner :
- Assurance vie (temporaire + parfois permanente)
- Assurance invalidité
- Assurance maladies graves
afin de couvrir la maladie, l’invalidité et le décès sans surpayer des protections doublées.
4. Intégrer les maladies graves dans votre stratégie financière
Voici une démarche concrète pour un ménage de revenu moyen (30–55 ans).
4.1. Calculez votre vulnérabilité financière
Posez-vous ces questions :
1- Combien de mois pourriez-vous vivre sans salaire?
- Votre fonds d’urgence couvre-t-il 3, 6 ou 12 mois de dépenses?
2- Avez-vous une assurance invalidité?
- Par l’employeur? Par votre ordre professionnel? Individuelle?
- Quel montant serait versé par mois en cas d’invalidité?
3- Quelles seraient les dépenses supplémentaires si une maladie grave survenait?
- Stationnement à l’hôpital, essence, garderie, repas sur la route
- Médicaments non couverts, traitements privés
- Aide à domicile, tâches ménagères, adaptations
Plus votre fonds d’urgence et votre couverture invalidité sont limités, plus une assurance maladies graves devient stratégique.
4.2. Choisir un montant de couverture réaliste
Pour un revenu moyen, on vise souvent à couvrir :
- 6 à 24 mois de dépenses nettes (pas forcément le revenu brut).
- Ex. : vos dépenses mensuelles de base sont de 3 000 $ :
- 6 mois : 18 000 $
- 12 mois : 36 000 $
- 24 mois : 72 000 $
Un capital d’assurance maladies graves de 25 000 $ à 100 000 $ est souvent utilisé comme zone de départ, selon les moyens et les autres protections déjà en place.
4.3. Adapter la durée et le type de contrat à votre situation
Âge 30–45 ans, jeunes enfants, hypothèque importante
- Priorité : protéger la capacité de payer la maison et les dépenses familiales.
- Souvent : contrat de maladies graves avec durée 10, 20 ou 25 ans, alignée sur l’hypothèque ou la période où les enfants seront à charge.
Âge 45–55 ans, enfants plus autonomes, dettes en diminution
- Priorité : préserver la retraite et éviter de liquider REER/CELI en cas de diagnostic.
- Souvent : couverture plus ciblée, éventuellement montant plus modeste mais qui protège les projets de retraite.
5. Vérifier et optimiser ce que vous avez déjà
Avant de souscrire un nouveau contrat, faites l’inventaire de vos protections actuelles :
5.1. Assurance collective de l’employeur
Voyez si vous avez déjà :
- Assurance invalidité (court et long terme)
- Assurance maladies graves (parfois incluse ou en option)
- Assurance vie
- Vérifiez :
- Les montants de couverture
- Les délais de carence (nombre de jours avant que les prestations commencent)
- La durée maximale des prestations
Attention : une assurance collective n’est pas toujours portable. Si vous changez d’employeur, vous pouvez perdre la couverture ou devoir la convertir à des conditions moins avantageuses.
5.2. Assurance d’association ou d’ordre professionnel
Plusieurs ordres professionnels, syndicats, associations offrent des régimes groupés :
- primes souvent intéressantes
- protections maladies graves parfois disponibles
Relisez le contrat pour connaître :
- les montants
- les exclusions
- la possibilité de conserver la couverture en cas de départ de l’association
5.3. Polices individuelles existantes
Si vous avez déjà une assurance vie personnelle, il est parfois possible :
- d’ajouter un avenant maladies graves
- ou de souscrire un contrat distinct, parfois avec rabais de multi-contrats
Parlez à votre conseiller pour comparer les options et éviter les doublons inutiles.
6. Comment passer à l’action dès maintenant
Pour limiter l’impact financier d’un diagnostic sérieux, le temps joue contre vous :
1- Faites un bilan de vos protections
- Lisez vos contrats (collectifs, associatifs, individuels)
- Notez les montants, délais, exclusions
2- Évaluez le « trou de protection »
- Combien de mois sans revenu pourriez-vous traverser?
- De combien auriez-vous besoin pour couvrir des dépenses supplémentaires?
3- Fixez un montant cible pour une assurance maladies graves
- Par exemple : 25 000 $, 50 000 $ ou 100 000 $, selon votre budget et vos engagements
4- Consultez un conseiller en sécurité financière
- Pour comparer les contrats, comprendre les exclusions, ajuster le montant et la durée
- Pour intégrer l’assurance maladies graves à votre plan global (vie, invalidité, retraite, succession)
Conclusion : la santé ne se contrôle pas, mais l’impact financier si !
On ne peut pas empêcher un diagnostic de cancer ou d’AVC. En revanche, on peut empêcher qu’il se transforme aussi en catastrophe financière.
En combinant :
- un fonds d’urgence
- une bonne assurance invalidité
- une assurance maladies graves bien dimensionnée
- et une couverture vie adaptée
Vous vous offrez la liberté de vous concentrer sur l’essentiel le jour où la maladie frappe : votre guérison, pas vos factures.
Si vous souhaitez un regard neutre sur vos protections actuelles et vos besoins, VALORIS Stratégies financières peut vous accompagner pour bâtir une stratégie claire et réaliste, adaptée à votre situation et à votre budget.